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En marge du VENDEE GLOBE 2008.
Du bonheur pour des enfants malades.
Des enfants atteints d'une maladie incurable ont pu, eux aussi, participer à la fête. Trois associations l'APPO ( Association des plaisanciers de Port Olona), les organisateurs du Village et l'association "Rêves" ont uni leurs efforts et leur compétence pour offri,r à ces enfants et à leur famille, le bonheur de sortir en mer, de passer la nuit sur un bateau, de rencontrer des skippers du Vendée-Globe
C'était dans l'effervescence de la préparation . Au club-house de Port Olona, Mr le Député-maire, Louis Guédon a pris la parole pour souligner la solidarité des gens de mer et des associations qui allaient permettre à des enfants de réaliser un rêve. Puis les familles se sont installées dans les bateaux, selon l'organisation mise en place par l'APPO. Une première pour la plupart de ces enfants et leurs familles. Des skippers n'ont pas hésité à confier la barre à ces marins d'un jour qui voyaient le bateau s'incliner ou se redresser sous leur action. Sous l'étrave ou à la poupe, les vagues défilaient sournoises, en grand désordre et comme à la dérobée. Deux heures de mer cela a suffi pour se remplir la tête d'images inoubliables. Au retour il leur était offert une démonstration de chiens sauveteurs: de valeureux adhérents de l'APPO n'hésitaient pas à se jeter à l'eau dans le port. afin de De magnifiques et puissants Terre Neuve les prenaient par le bras dans leur gueule et ramenaient à terre les naufragés volontaires.
Après un repas de fête organisé par des adhérents de l'APPO, les enfants découvraient la magie d'une nuit à bord sous le cliquetis des drisses dans les mats. Le lendemain après le petit déjeuner à bord, visite du village et des bateaux de course arrimés au ponton du Vendee-Globe avant le départ prévu le 5 novembre. Une famille raconte ;
"Les enfants ont pu voir Vincent Riou sur "PRB" et Dominique Wavre sur "Temenos" sur leurs bateaux, ils s ont même rentrés à l'intérieur de chacun d'eux. Ensuite nous sommes allés faire une ballade en mer avec un bateau de pêche, et aperçu, par la même occasion, Vincent Riou qui était en pleine mer."
Après ce week-end d'exception, une éducatrice concluait: La manifestation "RÊVES " a été pour tous ceux qui ont pu la vivre un moment extraordinaire de magie. Magie des sourires des enfants, de leur émerveillement, de leur étonnement. Magie d'avoir bleuffé les parents en les aidant à réaliser un des "RÊVES" de leurs enfants, peut être aussi, un de leurs "RÊVES" à eux parents." C.B.
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ITINERAIRE perso
C'était à la Flocellière dans une famille paysanne :parents et grands-parents, petits propriétaires terriens et exploitants agricoles. Beaucoup de fierté et d'esprit d'entreprise du côté des Boudeaud-Puaud, la famille de ma mère. Plus de modestie et de souci de ne pas se distinguer, chez les Babarit-Babarit, famille de mon père. Naissance au hameau de la Turpinière, le dimanche 5 mai 1935, entre la messe de 9 h. et celle de 11 h ! Sur le chemin de l'école, chaque jour 4 kms aller et 4 kms retour de buttes à monter et descendre. Quelquefois aussi le dimanche quand la voiture à cheval n'était pas disponible. A l'initiative de ma mère, encouragée par ses propres parents, on m'oriente, bien avant la fin du primaire. vers des études . Mr le Curé Soulard m'inscrit au prestigieux collège St Gabriel à St Laurent s Sèvre, un an avant la rentrée en 6°, sans que je me projette dans l'avenir.
1945. Mon père rentre de 6 ans de guerre et captivité en Allemagne.
Entrée au petit séminaire en septembre 1947, suite au passage dans l'école primaire d'un prêtre chargé du recrutement, le Père Arnaud. Un recruteur des Frères de St Gabriel venait aussi parfois dans cette école, mais de toute manière, je ne me voyais pas « religieux frère. » Collège ou séminaire ? La décision est prise après une retraite fermée sur trois jours. On nous avait montré le film « La Relève » dans lequel un jeune garçon vient remplacer son vieux curé défaillant. L'image de mon vieux du curé dans son presbytère avec sa vieille sœur comme gouvernante continuait d'habiter mon imaginaire.Il y avait aussi l'exemple de l'abbé LMarie Daviaud, cousin germain de ma grand-mère et curé de St Sornin. Mon père, envoyé par ma mère me pose la question « Veux-tu entrer au séminaire ou au collège? ».Hésitation. Mais il faut donner la réponse sans attendre car la rentrée est proche.. Ce sera le petit séminaire St Michel L'option était prise. A cette époque, il était bien entendu que si l'on entrait au petit séminaire c'était parce que l'on était ouvert à l'idée de devenir prêtre. Nous sommes environ 90, répartis en trois sections de sixième scolaire.
Pour la rentrée les 20 kilomètres sont parcourus dans la benne du GMC américain des carrières Sicot. Le carburant était encore délivré avec des bons. Un jerrican venait de la Turpinière sur des bons attribués pour un moteur agricole. Dans les allées de St Michel, l'une des premières 4 chevaux Renault, neuve et rutilante.
Installation des nouveaux à la salle d'études, tiroir du réfectoire avec son nom, et place au dortoir. Je suis contre la cloison. Voisin immédiat Claude Bernard. Tout en rangeant le linge du trousseau nos mères font connaissance. Les premières nuits on entend les pleurs de petits sixièmes que le surveillant vient réconforter.
Il faut s'habituer à la vie d'internat. Un matin d'hiver, grand émoi. A la prière du matin dans la salle d'études une place est vide, celle de Robert Lampérière. On le cherche partout dans le bois, sur la route. Le Père Bossard enfourche sa moto pour éventuellement le rattraper. Inutilement. Robert arrive chez lui à Vendrennes pour déjeuner.
Classe de 4° à Chavagnes. Sans sortie ni promenade le dimanche et enfermés dans ces grands murs, nous rêvons du tout nouveau séminaire des Herbiers où nous serons l'an prochain dans un espace sans clôture.
1950 : :il m'est donné de chanter comme soprane dans la chorale pour l'inauguration du séminaire en présence du Cardinal Roncalli, futur Jean XXIII.
Bourse partielle d'études à partir de la seconde aux Herbiers, ce qui va soulager les parents qui ont toujours tenu à payer la pension complète. Bonne réussite scolaire, surtout en français. Incertitude, quant à l'avenir mais indécision dans un sens favorable à cette vocation jusqu'à la Terminale : Pourquoi pas, si on m'appelle ? La vocation se concrétise par l'appel de l'Eglise. On le verra plus tard avec les diacres permanents. Plusieurs n'y avaient pas pensé avant que quelqu'un, au nom de l'Eglise, ne les interpelle.
De plus lors des récollections et retraites de début d'année ou de trimestre on nous parlait souvent comme à des futurs prêtres qui devaient veiller à ne pas « perdre leur vocation. » En classe de terminale, appelée alors classe de Philosophie nous étions 48, comme en témoigne l'image-souvenir éditée en fin d'année. L'enclenchement pour le grand séminaire pouvait se faire quasi automatiquement. Dès le mois de décembre, la maison Blanvillain d'Angers et en janvier la maison Meslier de Luçon nous envoient leurs représentants pour prendre les mensurations, et choisir nos soutanes en vue de la rentrée d'octobre à Luçon. Nous étions convoqués, et parfois surpris, d'être mis si vite devant ce choix très concret. L'effet de groupe est important. On se concerte sur le meilleur choix pour une soutane, un surplis en nylon ou en fil, sur l'achat obligatoire de ce bonnet carré qu'est la barrette, à tenir par le petit doigt lors des liturgies. Il était difficile de laisser voir à ses camarades qu'on n'était pas forcément prêt dès décembre ou janvier à une telle décision 8 mois avant la rentrée au Grand Séminaire..
Suivant la filière, plusieurs d'entre nous se retrouveront prêtres, sans peut-être avoir complètement mûri ce choix. Même au service militaire, le statut de séminariste protégeait énormément des risques ou chances de s'affronter au monde, à la féminité, à la vie hors d'une institution fermée. « Pas de blague je suis séminariste » avait clamé un jeune clerc invité à danser lors d'un mariage.
Cérémonie de la première tonsure au bout d'un an de grand séminaire, à 19 ans ce qui fait de nous des clercs inaugurant – mais comment le savoir ? - le décompte des 37 ans et demi qui donnera accès à une retraite.
Mais il faudra laisser repousser les cheveux pour retrouver le costume civil, en stage de moniteur pour colonie de vacances dès juillet. Plus de tonsure non plus, un an après au printemps 1956 pour 28 mois sous l'uniforme militaire.
Au 6° Génie d'Angers, formation à la construction de ponts, au maniement des explosifs… puis à la gestion. De sapeur-mineur-pontonnier je deviens gérant du Foyer à l' EAG Il s'agissait surtout d'accueillir les élèves Officiers en dehors des heures de service.
Lors d'une permission un samedi en stop le jeune homme qui m'avait pris dans sa 4 chevaux Renault dérape dans un virage du Mont des Alouettes aux Herbiers. La voiture saute le talus. Par chance elle retombe sur ses roues en contrebas et je me retrouve à côté de la roue arrière-gauche, assis dans un champ de blé Pas une égratignure. J'ai été éjecté par le toit ouvrant. Le conducteur souffre d'une fracture du crâne.
Au bout de 14 mois, tout soldat sans handicap sérieux doit partir en Algérie. Le gradé qui voudrait bien me garder au service du « Foyer de l'Ecole » me demande si je n'ai pas de l'albumine ou quelque autre allergie aux vaccins. Ce n'est pas le cas.
Juillet 1957.
Débarquant à Alger, on saute dans les camions. On nous met entre les mains une arme que nous ne connaissions pas, la carabine US et les chargeurs adéquats, au cas nous tomberions en embuscade. Traversée des gorges de la Chiffa où les Fellagahs dressaient des embuscades depuis le surplomb des falaises. Rien ne se passe mais l'insécurité sera permanente dès que l'on sort du petit bourg de Ben-Chicao. J'y serai 14 mois dans les montagnes au sud de Médéa. Neige l'hiver. Canicule l'été. Je dors avec la mitrailleuse 12. 7 sous mon lit, prêt à « gicler », car nous sommes d'alerte une nuit sur deux et je suis adjoint au chef de patrouille.
Opérations de maintien de l'ordre. Sorties fréquentes en camions GMC. Lors d'une patrouille à pied dans les vallons du Fernen, le lieutenant me demande de faire mettre en batterie le fusil mitrailleur et d'ordonner le tir sur un type en djellabah qui courait de l'autre côté de la vallée. La silhouette s'effondre et dévale la pente. Je n'oublierai jamais.
Devant les tortures perpétrées dans les sous-sols de la mairie à Ben-Chicao, dire sa réprobation est sans effet Heureusement il y avait l'accueil du P. François de l'Espinay à la Bouzaréah, dans les hauteurs d'Alger. La place manquait. Tout aumônier général qu'il était, François exigeait que je prenne sa chambre et lui dormait sur un lit de camp dans le couloir.
Pour se rendre à Alger, 100 kms en camion ou en jeep il était indispensable d'y descendre armé et en escorte. Lors d'un convoi, dans le GMC bâché, on nous avait mis à nos pieds un soldat mort enveloppé dans une couverture kaki,. Le corps balloté dans les tournants, passait d'un bord à l'autre, à même la taule, au fond du camion. On le déposera à la morgue de l'hôpital.
Pour circuler seul en ville d'Alger, même en civil, dans la petite sacoche, la Bible de poche côtoie le révolver 9 mm. En 1958 il y avait des attentats quasi-quotidiens. Sous cet aspect 30 ans après, rien n'avait changé.
En France, de Gaulle revient au pouvoir. La guerre se poursuit et nous sommes maintenus sous les drapeaux, de mois en mois, sans avoir aucune permission pour revoir le pays, car à chaque saison notre libération est annoncée comme prochaine. Maigre consolation, la solde d'un caporal-chef équivalait à celle d'un sous-officier en début de carrière.
Au retour d'Algérie, 3 ans de théologie à Luçon . Les anciens soldats se sentent solidaires. Retrouver le règlement très strict de la maison est une épreuve. La maison a ses usages. Le chanoine P. Douillard, économe, assure chaque matin la messe des 10 ou 15 Religieuses au service de la maison. Il me reprend comme « servant de messe » et chaque matin, je suis à genoux, en soutane et surplis, devant la communauté des Sœurs de Mormaison, en leur chapelle.
En fin de deuxième année de théologie, c'est le sous-diaconat où il est demandé un engagement par écrit au célibat, un document dont j'ai gardé le double.
Prêtre en 1961 à 26 ans en même temps que Gabriel Préau, de la Flocellière également. Nous sommes tellement nombreux, avec les sous-diacres et diacres, que les ordinations se font sur deux jours, les 28 et 29 juin. Première grand'messe à la Flocellière suivi d'un repas à la Turpinière avec de nombreux invités, famille et amis et des cadeaux. comme pour un mariage.
Vacances en famille. Travaux des champs, moissonneuse-lieuse pour le blé, mise en « chintias » des gerbes dans les champs », charroi et grands tas en vue des battages et tous les matins la moto pour aller célébrer la messe à la chapelle de Lorette.
Une feuille de nomination m'est remise par Mr le Curé, un matin après la messe.
5 ou 6 des 25 ordonnés sont envoyés comme jeunes prêtres, dans les séminaires et collèges. Je suis à Chavagnes: pendant 5 ans. Le 5 août 1961 le Chanoine Coumailleau m'avait écrit:" Vous savez qu'à cause de l'état de votre voix, Mgr vous attribue –pour cette année – le rôle de l'étude des 4° au Petit Séminaire de Chavagnes…Vous aurez à faire à une centaine de bonshommes de 13 à 15 ans. Pour l'année suivante le même supérieur me demande si je n'accepterais d'être professeur de classe, par exemple d'une sixième. Pour la même raison je n'accepte pas. Ce problème de voix ne s'arrangera qu'avec la rééducation suivie à Paris 10 ou 15 ans plus tard.
Jacques, mon frère, de 15 ans plus jeune, m'y rejoint après une année de sixième au collège de Pouzauges. Il est dispensé de certains cours pour rattraper le latin que ses 80 camarades avaient commencé un an plus tôt.. Apprécié de ses condisciples il est élu par eux, à bulletin secret, pour être leur délégué à la fête patronale du 8 septembre. Dans ma salle d'études, 90 élèves de 4° scolaire environ. En 1963 on y ajoute 20 élèves de 3°, faute de place aux Herbiers. Je préside au silence et j'organise les loisirs sur la cour et en promenade pour les grands : tous ces jeunes sont considérés comme pouvant devenir prêtres. Celui qui manifeste en cours d'année la volonté de ne pas poursuivre dans cette voie est orienté vers un collège. Ils sont 300 élèves à Chavagnes, de la 6' à la 4', tous ouverts à ce projet, sans compter l'annexe des 6° et 5° de la Flocellière.
J'édite un livret de prières. Je corrige les copies de grec pour le compte du professeur de classe. Il me revient aussi de prévoir chaque matin la lecture des titres du journal par un élève au micro pendant le petit déjeuner, en silence.
Beaucoup de convivialité entre les 20 professeurs prêtres dans cette maison. Les plus jeunes d'entre eux font du catch dans les couloirs, du volley ou du foot avec les élèves les plus grands sur la cour et en promenade
Des matchs prof' contre élèves rencontrent un franc succès. Les maîtres se retrouvent autour d'un verre de muscadet pour l'anniversaire de l'un ou l'autre avant le repas avec les élèves. C'est au moment où nous fêtions la st Clément que nous apprenons l'assassinat du Président Kennedy.
La réforme liturgique de Vatican II n'est pas encore en place. Tous ces prêtres célèbrent individuellement leur messe le matin avant le petit déjeuner, assisté chacun d'un servant. La plupart d'entre nous avons entre 5 et 20 « dirigés » que nous recevons individuellement, tous les 15 jours ou pour certains chaque semaine.
Les vacances d'été sont mises à profit pour du service paroissial. Poissy sur une indication de Mgr Malbois la première année. Puis Cassis, près de Marseille durant deux saisons, suite à une annonce dans le journal La Croix. La dernière fois où je porterai la soutane, c'est pour faire du stop afin de me rendre à Cassis. Un producteur de l'ORTF me prend à son bord dans le Massif Central. Il m'invite avec lui au restaurant mais le soir je n'aurai d'autre choix que de chercher un hôtel pour dormir.
A Cassis, le curé Dessous me demande d'assurer le « baptême » d'un bateau. Le parrain est l'acteur Fernandel. Une photo pérennise la sortie en mer. L'acteur de cinéma me souffle au bar de la Marine : « Mr l'abbé, si j'étais vous je dirais la messe avec du pastis. »
Chaque année je participe à un camp-mission Thivollier, l'été au Tréport et St Jean de Luz. Garçons et filles sortent en boite le soir pour rencontrer et témoigner. Dans la journée sur la pelouse verte on s'exerce à danser le rock et on discute beaucoup. Chaque jour partage d'évangile et messe sous la tente bleue en plein camping. L'hiver les camps-missions prennent une autre forme avec le ski, notamment à Haute-Luce en Savoie.
1966: sur ma demande et pour ne pas rester indéfiniment en internat, premier poste de vicaire en paroisse: St Pierre du Bourg sous la Roche. Formation dynamique et ouverte, avec l'abbé Gérard Pouzet, nouveau curé. Accompagnement des équipes de JOC.. Pour PARIS 67 il y a 50. 000 jeunes au Parc des Princes dont 150 de la Roche sur Yon.
Chaque été et durant 5 ans, un voyage de 15 jours avec l'Office franco-allemand. Animation avec Robert et Colette Bernard. En 1969, besoin de prendre l'air du large. Partirai-je au titre de « Fidéi Donum » comme Gabriel Préau, Raymond Brochard, Paul Michaud et d'autres ? Ce sera la région parisienne mais Mgr Cazaux me demande d'attendre encore un an.
1970 . Contrat avec le diocèse de Corbeil Evry . Mgr Malbois, le premier évêque de ce nouveau diocèse, qui connaît ma famille depuis mon enfance, se dit heureux de m'accueillir. Ce sera Draveil, au doyenné de Juvisy pour 3 ans : une équipe de 5 prêtres pour 30.000 habitants.
1973
Nommé seul à ND des Cités sur Viry-Chatillon, toujours au même doyenné pour 10.000 habitants dans une cité de fonctionnaires. Au bout de 3 ou 4 ans j'obtiens l'autorisation de mes deux diocèses pour un travail professionnel à temps partiel sans cesser le service paroissial. Je trouve un emploi à mi-temps au Bureau d'Aide Sociale de la Mairie du 13' à Paris. Ce sera les après-midis. Je rejoins en voiture ou par le train de banlieue et métro..
Fonction: coordination des clubs du 3' âge ( 4 ou 5 clubs) ouverts tous les jours sur l'arrondissement. Gestion des vacataires intervenant au club des retraités de la Glacière. J'entre aussi en formation d'animateur socioculturel. Cette formation s'étale sur deux ans avec 3 stages théoriques de 3 semaines chacun : droit, gestion, pédagogie et techniques d'animation , Il faut choisir deux spécialisations. Ce sera : "la voix, chantée et parlée" et « l'organisation de voile-croisière ».
De plus, pendant 3 ans 1/2, chaque semaine, je me rends pour une demi nuit à Evry, comme écoutant à « Sos Amitiés ». Expérience forte et travail d'équipe très formateur, grâce à une relecture de ce qui résonne en nous des paroles entendues, par exemple sur la mort, la sexualité, etc. Ce groupe est piloté par un psy. S.O.S. Amitiés, est cet espace où se déversent les confidences les plus stupéfiantes, encouragées par l'anonymat et où arrivent les pires affabulations. L'écoute se veut non directive tout en étant positive et aidante.
Je suis investi par ailleurs à l'aumônerie en ACGF. 40 équipes au doyenné de Juvisy. A « l'Aire Libre » aussi, forme nouvelle de présence d'Eglise, à l' Agora d'Evry. Un prêtre de Paris, Jacques Breton y enseigne la méditation dans l'esprit du zen. Il écrira plus tard : «Le Japon du silence et de la contemplation du Christ». De retour en Vendée, l'enseignement reçu me permettra de mettre en place des temps de méditation « zen » dans le cadre de la Pastorale de saison à la « Solitude » de Bourgenay, vers 1984-85 .
Pour la paroisse à N.Dame des Cités, dans ce quartier sans retraités ou presque, l'équipe des laïcs actifs assure une excellente gestion. Pour le prêtre que je suis, trois messes le dimanche ? dont une le soir à 18 h et de nombreux baptêmes et mariages. Les sépultures sont très rares.
Pour le 2° dimanche de l'Avent 1974 il m'est demandé d'accepter la messe télévisée. Dès le samedi midi 40 techniciens s'affairent dans l'église pour installer cables, caméras et rampes d'éclairage ainsi que la régie.
Pour la liturgie on nous avait dit : « Faites comme vous avez l'habitude ». Ce fut simple. Il n'y avait pas de servants d'autel ce jour-là. Après la messe, des témoignages émouvants arrivent des 4 coins de la France.
Depuis Viry, retours fréquents à la Flocellière à la faveur des vacances, et travaux de restauration à la Turpinière pour la partie de la vieille maison où les parents retraités s'installaient.
Chaque été, courses en montagne dans les Alpes: l'Oisans, sommet des Agneaux, col des Ecrins... à Chamonix, la Tour Ronde, la traversée d'Elbronner, le refuge du Gouter et le Mont Blanc où j'arrive seul, progressant en solitaire du refuge Vallot au sommet. Chaque hiver, je rejoins l'équipe des skieurs à Valloire, inaugurée du temps où j'étais en paroisse à Draveil.
1980 Massy. Un deuxième mandat au conseil presbytéral me permet d'être au contact de la plupart des prêtres du diocèse de Corbeil, pour lequel nous votons le transfert de l'évêché de St Germain les Corbeil à Evry.
Résident dans ce grand ensemble construit sur les deux communes de Massy et Antony, je vis seul au 13° étage. Auparavant vivaient là 4 prêtres, dont Henri Durand et Jacques Pé. Dans le même escalier, Pierre Juquin, alors candidat du P.C. à la présidence de la République.
Je rejoins chaque jour une équipe de 4 ou 5 collègues pour le repas du midi au Vieux Massy et le partage des activités paroissiales. En mars 1982, une jambe cassée au ski me contraint à porter des cannes anglaises sur 4 mois. Activités paroissiales reprises après un mois de repos: en juin il m'est donné de célébrer 4 mariages à la suite en l'église de Massy sans quitter le siège du célébrant, ne pouvant me déplacer sans les 2 cannes.
Eté 1982 Pierre Hervouet, vicaire épiscopal de Luçon, insiste pour mon retour en Vendée:" un contrat temporaire" par définition doit s'arrêter. Or il a déjà été renouvelé 3 fois. Il se dit d'accord pour qu'à mon retour je puisse travailler à temps partiel dans le socioculturel. Ce qui va s'avérer impossible à mettre en place.
Nommé à St Hilaire de Loulay, tout en étant curé je poursuis la formation DEFA , avec comme technique d'animation, la voile. A terme " Jeunesse & Sports" m'accorde le diplôme "d'aptitude à l'organisation et à l'animation de croisières".
Ceci me permet d'emmener en mer, à partir de 1988, de nombreux jeunes de milieu populaire à la Roche sur Yon, notamment avec les maisons de quartier de cette ville.
1985: Nommé en 1984 aumônier diocésain pour la J.l.C.F (Jeunesse Indépendante Chrétienne Féminine) il est souhaité que je sois dans un lieu plus central et j'arrive dans l'équipe St Louis à la Roche sur Yon.
1987: Il faut un curé à St André d'Ornay. Paul Groisard qui s'y trouve vicaire est consulté. Il vient me voir pour vérifier nos compatibilités. Déjà deux ans auparavant on m'avait dit:" il va falloir un curé à St André. On t'en parle". Je ne suis donc pas surpris de la demande.
N'ayant pas trouvé le temps d'un travail professionnel à temps partiel et ne voyant pas bien comment cela pouvait se faire tout en étant curé de paroisse, je m'investis aussi à la maison de quartier qui coordonne des activités "voile en mer" pour des jeunes de divers quartiers. Je suis aussi au C.A. de l'association des Lauriers qui gère l'accueil et l'hébergement des jeunes hors de leur famille.
Juin 1990 : le vicaire épiscopal me demande si j'accepterais de devenir curé en même temps des deux paroisses Ste Thérèse et Saint André. Cela nécessiterait que j'habite à Ste Thérèse. Je ne donne pas suite. Damien Papon accepte de venir à Ste Thérèse.
1994
Au bout de 7 années plutôt heureuses avec un excellent coéquipier, Paul Groisard, on m'appelle pour un autre poste. Après 13 ans à la Roche sur Yon, sur trois paroisses en trois séjours, ce sera les Sables d'Olonne.
Me trouvant au C.A. de la maison de quartier à St André d'Ornay, l'association anticipe sur la paroisse pour des adieux où m'est remise la médaille de la Ville de la Roche, en raison sans doute des activités auprès des jeunes de milieu populaire. C'est le moment de quitter l'équipe diocésaine du diaconat permanent et l'aumônerie de la JICF.
Le diocèse m'avait demandé si j'acceptais d'aller aux Sables d'Olonne, pour un temps à la paroisse et un temps à l'aumônerie de l'enseignement public.
Au bout de deux ans le conseil épiscopal, trouvant sans doute que j'avais tout oublié, me propose un an d'études à la Catho de Paris "L'année de Formation aux Ministères."
En temps de vacacances il m'est donné d'organiser avec d'autres, sur un bateau de propriétaire et en équipage des temps de navigations et de partage "Mer & Bible", ainsi que des sorties, avec qui le souhaite et notamment l'association « Grand Largue » pour jeunes en difficulté sociale.
1996
Riche année de formation, avec insertion à la paroisse Notre Dame des Champs, à deux pas de la Catho à Paris. Avec près de 50 autres, prêtres, religieux, religieuses et une laïque : Sylvie Simon. Avec son mari Alain, Sylvie viendra souvent, naviguer en Vendée et participer au groupe « Mer & Bible » animé par Michelle Buret.
A l'AFM, de septembre à juin des experts défilent, semaine après semaine, dans nos cours. Nous ne manquons pas non plus d'exercice physique. Pour accéder au cours il nous faut grimper 7 étages sans ascenseur plusieurs fois par jour. Circulation en vélo dans Paris entre les restaurants universitaires et immersion dans le milieu étudiant: un bain de jouvence et une ouverture inégalable. Cette formation se conclut en juin par une semaine à Nazareth et deux semaines à Jérusalem.
Tout au long de cette année, pour mes parents bientôt nonagénaires, en maison de retraite, à la Flocellière, je descends tous les 15 jours et assure avec eux une célébration le dimanche.
1997
A la Pentecôte 97 il m'est proposé un poste de vicaire- coopérateur, avec résidence aux Brouzils . L'équipe pastorale que nous allions constituer en septembre me paraissait sympathique. Septembre : démarrage de la nouvelle paroisse " Louis Marie Baudouin" avec Auguste Rambaud, Jacques Briffaud et Louis Raynaud, diacre permanent, Major de la gendarmerie, en retraite aux Brouzils.
Grâce à des laïcs, le presbytère s'ouvre en semaine pour des permanences et l'accueil, comptabilité, secrétariat. Les 4 équipes liturgiques ont désormais chacune leur animateur. A la Copechagnière aussi.
Au doyenné une équipe d'ACI et du scoutisme, mais ces équipes s'arrêteront bientôt faute d'encadrement pour le scoutisme et de motivation pour l'ACI..
Equipe d'accompagnement des familles en deuil, la première et d'abord aux Brouzils.
A Sainte Anne de la Flocellière, dans l'espace familial j'exerce une surveillance, sur les arbres, fruitiers et autres, sur les clôtures, l'entretien des batiments, avec mon frère Jacques co-propriétaire et Guy attentif aux 4 ou 5 moutons qui s'y épanouissent.
Pied à terre assuré aux Sables, cours Blossac, où un studio équipé me permet aussi d'accueillir parents et amis. Depuis l'Herbergement, le train TER facilite les aller et retour grâce à la carte Senior et au « bénéfice de l'âge. ».
"Cap Vrai Atlantique", "Grand Largue", Mer et Bible" sont des lieux où toujours m'investir, pour le retraité Cavimac et Régime Général que je suis, tout en conservant une responsabilité en paroisse.
L'âge de la retraite ?
"Pour la première fois le prêtre vit une rupture. Auparavant ce qui était dit à 25 ans devait ne se rompre qu'avec la mort. Or voilà que la retraite est devenue possible pour le prêtre. Une retraite , manifestée socialement par la Camavic, qui provoque à une interrogation sur le statut et sur l'identité et qui a des répercussions sur la théologie elle même. (Louis Michel Rénier, doyen de la Faculté de théologie d'Angers).
Seulement voilà la relève du côté des prêtres, fait défaut et je suis le moins âgé de l'équipe, mais la santé tiendra-t-elle ? Décembre 2002, inquiétude pour une tumeur osseuse évolutive située sous l'os iliaque. Quelques craintes avant biopsie et analyses. Ablation en avril 2003. En mai chirurgien et médecin traitant assurent qu'il n'y aura aucune séquelle.
Comme le souligne Alain Gérard (Echo de l'Ouest 17 1 03) « L'édification d'une Vendée chrétienne, c'est à l'œuvre d'un Baudouin, d'un Monnereau qu'on la doit. Ils auront l'idée géniale d'appeler des gens du peuple à donner des prêtres à l'Eglise. » On pourrait ajouter des Religieuses.
En 1814, un jeune curé, Pierre Monnereau, 27 ans, arrive aux Brouzils sur les ruines de la Révolution. Il fait confiance à quelques paysans pour la catéchèse dans les villages et hameaux. Il facilite l'instruction des jeunes filles qui vont à leur tour scolariser des milieux tenus encore à l'écart de l'instruction.
Aujourd'hui encore la société ne cesse de changer. Avec Louis-Marie Baudouin, «Aimons ce temps tel que Dieu nous l'invente » 2 juin 2003.
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